mercredi 08 septembre 2010    


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Les AMI ont désormais un rôle social et professionnel

10 ans des AMI Pour clore la semaine de festivités organisée pour les 10 ans des Ateliers Multiservices Informatique, ponctuée de journées portes ouvertes, un colloque s’est tenu vendredi 5 février à Morcenx en présence du maire de la commune et conseiller général, Jean-Claude Deyres, et du Président du Conseil général, Henri Emmanuelli. Une décennie après leur création, les AMI continuent à poursuivre l’objectif fixé par le Conseil Général et l’Agence Landaise Pour l’Informatique (ALPI) à l’origine : lutter contre la fracture numérique et faire découvrir les usages de l’outil informatique et d’internet.
Mais aujourd’hui, ils assurent une autre fonction, comme le rappelle Xavier Fortinon, Conseiller général, et vice-président de l’ALPI. « Les AMI ont aidé les publics à s’approprier les nouveaux équipements, qui ont beaucoup évolué. Par ailleurs, l’ALPI a voulu donner aux AMI un rôle plus social, et plus professionnel », notamment avec Visiolandes. Grâce à ce réseau de visioconférence lancé en avril 2009, des demandeurs d’emploi peuvent par exemple assister à des entretiens avec le Pôle Emploi dans l’AMI le plus proche de chez eux. Renaud Lagrave, Directeur de l’ALPI, a quant à lui salué le travail des animateurs, « qui font le succès de ces lieux ».


Visioconférence Cette manifestation a été l’occasion de présenter deux expériences similaires menées à Brest et en Midi Pyrénées. La ville bretonne a été la toute première à s’équiper d’espaces publics numériques, en 1997, les Point d'Accès Public à Internet (PAPI). Ils ont été installés dans des lieux fréquentés habituellement par le public, comme la mairie, les bibliothèques, les associations ou encore les douches municipales, explique depuis Brest, grâce à la visioconférence Frédéric Bergot, Responsable du service internet et expression multimédia de la Ville de Brest. Il en existe aujourd’hui presque partout dans la ville. « L’objectif était que les habitants puissent trouver un PAPI à moins de 500 mètres de chez eux », raconte le responsable. Entre 5 et 10 de ces lieux sont encore ouverts tous les ans, essentiellement dans des structures sociales relais, importantes pour toucher certains publics. Les PAPI offrent bien plus qu’un accès à internet. Ils ont un véritable but social. La production de contenus par les usagers, sur le site Wiki-Brest, vise à valoriser les initiatives dans les quartiers. « Nous essayons de toucher les personnes en difficulté, raconte Frédéric Bergot. En écrivant des articles sur le site, et en montrant à leur entourage qu’elles en sont capables, elles retrouvent l’estime d’elles-mêmes ». Dans les quartiers populaires, où tous les foyers n’ont pas accès à internet ou ne surfent que sur quelques sites, notamment les réseaux sociaux, les PAPI permettent d’accompagner les habitants vers de nouveaux usages et d’initier les parents. « L’engagement politique est fort pour faire en sorte que les biens publics numériques deviennent du bien commun » indique le responsable.

ARDESI La problématique est toute autre en Midi-Pyrénées. Dans la plus grande région française, les ¾ des communes ont moins de 500 habitants. « La fracture numérique augmente, explique Jean-Paul Lareng, Directeur de l’Agence Régionale pour le Développement de la Société de l’Information (ARDESI) en Midi-Pyrénées. La Région doit investir pour que le territoire rural ne soit pas oublié. Y amener le haut débit est compliqué, et coûte très cher ». Pourtant précise-t-il, l’ARDESI fait plus aujourd’hui que lutter contre la fracture numérique. Elle fait évoluer le métier d’animateur et tente de le faire reconnaître au niveau national. Ce réseau compte 130 animateurs dans les 52 cyberbases. Si les Français sont de plus en plus équipés, la fréquentation n’a pas baissé dans cette région. Une forte progression a été enregistrée, avec plus de 42 000 usagers. « Ces cyberbases sont des points d’appui aux politiques publiques. Elles permettent de réintroduire les services publics là où ils avaient disparu » expose Jean-Paul Lareng. Il insiste également sur une autre mission capitale des animateurs : sensibiliser et former les élus aux Technologies de l’Information et de la Communication. « Les élus sont la catégorie professionnelle la moins connectée à internet. Ils sont donc la cible numéro un pour nous. Nous essayons de les amener à l’utiliser pour eux, et leur montrer les applications qu’ils vont pouvoir mettre en place chez eux ». Les secrétaires de mairie constituent une autre cible. « Nous tentons de leur montrer que dans trois ans, l’ensemble des actes qu’elles passeront sera numérisé. Si sur le terrain on ne les accompagne pas, elles vont avoir du mal à s’en sortir. » Enfin, l’ARDESI insiste sur la mise en commun des connaissances de ses animateurs. « Ils ne doivent pas être isolés, mais partager leurs connaissances et leurs expériences. Il faut réunir ceux qui partagent une même vision, et qui veulent travailler ensemble » indique Jean-Paul Lareng.

Fortinon La dernière intervention a été celle d’Hedwige Cornet, de la Délégation aux usages de l’Internet. Rattachée au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, la mission de cette délégation est de contribuer à combler le retard numérique de la France et à la porter sur ce terrain au niveau des pays les plus développés. « Près de 40% de la population française n’est pas connectée à internet. La fracture touche les zones qui ne sont pas équipées en haut débit. Elle touche surtout les plus de 65 ans, et les foyers défavorisés, qui seront les plus difficiles à convaincre d’utiliser ces nouveaux outils ». La fracture aujourd’hui se fait de plus en plus en termes d’usages, a-t-elle ajouté. Fin février, une nouvelle version du portail netpublic sera disponible. Ce portail a pour but de valoriser les différents espaces publics numériques et les actions locales. Il apporte des ressources et accompagne les différents acteurs. Il permettra également de mettre en relation les différents dispositifs sur les territoires, et les animateurs, qui sont parfois isolés. « Sa vocation est d’être un lieu d’échange collaboratif » précise Hedwige Cornet.

Téléchargez la présentation diffusée par Jean-Paul Lareng de l' ARDESI (ppt - 5 Mo).

Découvrez la présentation de Frédéric Bergot, de Brest, en cliquant ici.

Téléchargez les documents relatifs aux sujets abordés par d’Hedwige Cornet de la Délégation aux usages de l'internet (pdf - 112 Ko).

Pour visionner les trois vidéos réalisées sur les AMI, cliquez ici.

 
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